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Il existe dans le Sud Ouest marocain un arbre qui se dresse, seul sur le sol sec et poussiéreux, comme un rempart à la désertification et à l’avancée du désert. Cet arbre c’est l’arganier, l’"arbre de fer" ou encore argan comme le nomment les berbères. Pouvant atteindre une dizaine de mètres, couvert d’une écorce rugueuse, d’épines et de petites feuilles coriaces, il court d’Agadir à Essaouira, la seule région au monde où il se plait. A tel point qu’en 1998, l’Unesco a déclaré l’arganeraie du Maroc « réserve de biosphère » dans le cadre du programme MAB.
Depuis des siècles les femmes berbères s’en servent pour obtenir la fameuse huile d’argan, aux vertus autant culinaires que diététiques ou cosmétiques. En septembre, lorsque le fruit est bien mûr, elles en extraient la noix dont il faudra environ 100 kg pour faire 1 litre d’huile. A l’aide de pierres, elles ouvrent la noix en deux pour en retirer 2 à 3 petits amendons. Ces amendons seront ensuite broyés pour donner une pâte qui, une fois pétrie, suintera enfin les quelques gouttes d’or tant attendues.
Les marocaines ont toujours vécu avec l’huile d’argan. Elle fait partie intégrante de la cuisine traditionnelle, accompagnant les salades, tajines, couscous, aromatisant les semoules et parfumant les poivrons grillés. Son exceptionnelle teneur en acides gras essentiels en fait un allié de choix pour lutter contre l’excès de cholestérol et l’hypertension. Riche en vitamine E, en insaponifiables et en stérols elle sert aussi de produit de beauté en nourrissant et en assouplissant les peaux sèches et fragiles. Ses qualités réparatrices peuvent être utilisées en application locale pour cicatriser les traces d’acné, de varicelle ou de brûlures. Utilisée en huile de massage, les cheveux retrouvent douceur et brillance, les ongles cassants sont régénérés et les articulations douloureuses soulagées.
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